Serigne Ngagne Tandiné
L'ITINÉRAIRE DE SERIGNE NGAGNE TANDINE LES CHAPITRES Chapitre 1 : La connaissance de l’auteur. Chapitre 2 : Qui est SERIGNE NGAGNE TANDINE Ses Origines. Ses Études. Sa Détermination envers son marabout. Son Adoration envers Dieu. Chapitre 3 : Sa Relation avec ses disciples. Chapitre 4 : Sa Relation avec les gens. Chapitre 5 : Les villages qu'il a fondés. Chapitre 6 : Ses Relations avec SERIGNE TOUBA. Chapitre 7 : Ses liens avec les Cheikhs Chapitre 8 : Ses derniers jours et Ses Khalifes. Chapitre 1 : La connaissance de l’auteur Massamba Tandine,fils de Serigne Aliou Tandiné dit Serigne Bado et de Sokhna Amy Diakhoumpa, est né en 1988 à Darou Marnane,un village dans le “Saaloum”. Il a appris le Coran jusqu’à sa mémorisation dans ce village. C’est après qu’il est allé à Touba chez Serigne Afia Bousso pour y acquérir d’autres connaissances. Il est conférencier et chercheur en histoire mais également commerçant. Il est l’auteur de ce livre intitulé L'ITINÉRAIRE DE SERIGNE NGAGNE TANDINE dans lequel il relate la vie et l'œuvre de Cheikh Darou Ngagne. On ne disconvient pas de la véracité des propos puisqu’ils sont issus, soit des fils de Cheikh ISSA, soit des fils de Serigne NGAGNE, soit de ses grands disciples, soit de ses petits-fils. Chapitre 2 : Qui est Sergine Ngagne Tandine ? Serigne Ngagne Tandiné est né en 1872 à Ngadantu , un village situé à Kébémer dans le Cayor. Ses Origines : Il fut un maure du Cayor ,un “Darmànko”. Ses aïeux partirent de la Mauritanie pour le Sénégal, au Cayor où ils furent installés par Damel. Cheikh Darou Ngagne est le fils de Cheikh Sidi Moukhtar Al Kabir fils de Demba Issa fils de Massamba Dieumb fils de Abdoulahi fils de Moukhrisat fils de Amari AJ fils de Chekh Sidi Moukhtar Al Kabir.Sa mere s’appelle Sokhna Kounel Amar fille de Anta Baba, fille de Rouba Top, fille de Manar, fille de Anta Seck. Elle partage un lien de parenté avec l’épouse de Serigne Abdoul Akhad Mbacké. Ses Études : Il fut initié à l’apprentissage du Coran par son père, à l'âge de l’adolescence. Ensuite il passa par Baye Sayer Tandiné puis par son grand frère Moustapha Tandiné enfin il finit son parcours coranique chez Serigne Massamba Diop Sam. C’est ainsi qu’il se mit à la recherche de la connaissance. Il passa par beaucoup de savants avant de rencontrer Mame Cheikh Issa qui fut son dernier maître. Il fut un grand érudit. Sa rencontre avec Cheikh Issa : Cheikh Darou Ngagne et Cheikh Issa furent liés par la recherche du savoir. Durant cette période Serigne Ngagne et ses compagnons disciples Serigne Mor Toure, Serigne Ibrahima, Serigne Maseck Seye étaient à Gàad Bitiw ou ils apprenaient le coran dans un village appelé Geti Ndongo. Ils passèrent par plusieurs maitres coraniques et savants avant de rencontrer Mame Cheikh Issa. On leur dit qu'il y existe un maîtrisard du Coran. Et par miracle, Cheikh Issa passa par là-bas, les rencontra et leur livra des paroles de sagesse. Il leur dit : " Venez je vous donne quelque chose de meilleur." (Avant leur rencontre avec le Cheikh, alors qu'ils traversèrent des cimetières, ils avaient le don d'identifier ceux qui vivent dans le salut ou non. Mais également ils pouvaient connaître le sexe de l'enfant d'une femme enceinte et autant d'autres.) C'est ainsi qu'ils allèrent demander la permission de leurs parents. Dès lors, Serigne Darou Ngagne commença à ne ménager aucun effort pour être à la solde de son marabout jusqu'à ce que celui-ci lui félicitât, lui ormulât des prières et lui subjuguât des disciples. Sa détermination envers Cheikh Issa : Serigne Ngagne fut un disciple très déterminé, il aimait son marabout et était très satisfait de ce dernier. Il envoya un jour son fils Serigne Sidi Moukhtar chez Cheikh Issa et lui dit : “dit au Cheikh, depuis que je suis avec lui je n’ai pas encore atteint le degré de mes intentions pour accomplir ses missions. Tout ce que j’ai fait est comparable à quelqu’un à qui on demande cinq mille franc Français et il n’a donné qu'un franc. Le Cheikh lui répliqua : “Ku la gën a jige Yàlla gën la koo ragal, xëram " Un jour il envoya son fils Serigne Sidi Moukhtar chez Cheikh Issa pour lui dire : " depuis que je suis avec lui je n'ai pas atteint le summum de mes intentions envers lui" Il allait jusqu'à donner toutes sa récolte à son marabout au point que celui-ci ne vivait que de ce qui provenait de lui. Un jour aux temps durs, le Cheikh lui demanda "d'où te provient toute cette richesse, il lui répondit, c'est de par ta grâce" Il lui baptisa son fils, le lui donna et l'accompagna d'un mouton en lui disant qu'il est libre de faire autant ce qu'il veut du mouton que de l'enfant. Il s'agit de Serigne Ndiéné Tandiné. Son adoration Il alliait à la fois la jurisprudence et la théologie, il respectait à la lettre les cinq piliers de l'islam et ordonnait à sa famille d'en faire de même. Il disait que : " Lislaam bu doon ab tool waar waa féete du booy " Il blâmait l'interdit, les futilités et la cohabitation entre hommes et femmes et tous ce qui est en dehors des devoirs d'un talibé. Chapitre 3: Sa relation avec ses disciples : Il les éduquait dans ses écoles coraniques, assimilant travail et adoration divine, la lecture du Coran et des Khassidas. Il les nourrissait et les interdisait toutes sortes de futilités. Personne n'osait faire le jeûne ou la prière. Il les réunissait en les exhortant dans l'adoration de Dieu. Il leur disait ce terme wolof : " Geenug golo gudd na, waaye lu ca dal boroom yëg ko" Il n'autorisait aucun talibé de pénétrer dans les chambres de leurs parents pour éviter qu'ils s'y rendent avec d'autres. Il s'adressait à ses talibés par l'intermédiaire de leur Dieuwrine.Ces derniers surveillaient parfois la maison pour éviter qu'un intrus y rentre. Il leur disait que le travail que vous me rendez est salutaire mais emprunter le chemin de la droiture est meilleur car lorsqu'on parle l'éducation spirituelle on pense à la droiture. Chapitre 4 : Sa relation avec les gens : Cheikh Darou Ngagne entretenait de bonnes relations avec les gens et leur vouait beaucoup d'indulgence. Il était généreux et solidaire. Quand on lui annonçait un décès, il se demandait ce que le défunt a une fois réalisé pour lui, afin d'intercéder à sa faveur. Un jour, alors qu'il préparait un baptême, un hôte lui vint et il ordonna à ce qu'on lui égorge le mouton prévu pour la fête. Un des disciples lui rappela : " il paraît que demain c'est le baptême" Il lui répondit : " je m'en tiens en Dieu " Un jour quelqu'un était venu lui demander de l'aide, il lui dit : "il n'y a que des habits" Et il se déshabilla, lui donna un des habits qu'il portait et lui dit à nouveau : " pars vite avant que les disciples ne viennent." Lorsque quelqu'un lui tendait la main, il le faisait patienter jusqu'à ce que de l'argent lui vienne pour le lui donner. Il rendait visite à ses talibés. Quand il libérait un disciple, il avait l'habitude de lui donner une maison et de le marier et assurer leurs vivres. Il fut un grand érudit, riche et généreux. Il vouait un grand amour et de la compassion pour les adolescents surtout ceux qui étaient dans la droiture. Un surnommé Madina Beye lui a rendu visite jour à Gàad-Bitiw. Sur le chemin de retour il lui dit : " je ne pourrai voir quelqu'un plus accueillant que toi qu'au paradis". Il fut un grand réconciliateur d'où l'espoir que le Cayor et le Saloum portaient sur lui quand il se trouvait dans le désarroi. Chapitre 5 : Ses villages : Parmi les villages qu'il a fondés on peut citer Darou Pam dans le Cayor, c'est là d'ailleurs où a vu le jour son fils aîné en 1911 mais égalements ses quelques enfants. Et toujours dans le Cayor, à Ndande Fall, Cheikh Issa lui donna un quartier dénommé Darou Diène. En plus on peut mentionner Louli qui se trouve à Khabane dans le département de Mbour ,Ngathie à Guinguénéo, Naar ga, Darou Marnane près de Ndiéné Lagane où habitent la plupart de sa famille. Il avait fait de tous ces villages des écoles coraniques pour l'éducation spirituelle, le travail et l'adoration. Chapitre 6 : Sa relation avec Sëriñ Touba : Serigne Tuubaa avait une grande considération envers lui.Il l'aimait beaucoup car il disait à Cheikh Issa : " quand je vois ton maure, il me donne l'image du Prophète" Cheikh Issa l'envoyait beaucoup chez Serigne Touba. Quand il était venu chez Cheikh Issa,ce dernier l'emmena chez Sëriñ Touba, le lui présenta et lui dit : " Cet homme s'est soumis à moi et m'a dit : " c'est toi qui me suffis ". iIl est mon premier disciple et tout dont je dispose t'appartient. Prenez-s' y comme tu veux. On peut aussi rester avec Toi." Sëriñ Tuubaa dit à Sëriñ Ngagne :" Tu préfères rester avec moi ou avec Cheikh Issa " Il lui dit : " Rester avec Cheikh Issa si j'en ai la permission". Sëriñ Tuubaa lui dit :" Parfait ! J'en ai fini avec Issa.Vous pouvez être ensemble.Sa gratification équivaut à la mienne." Il lui avait baptisé son fils. Serigne Touba l'avait surnommé "Ngagne Ma gagné" mais son vrai nom fut Mademba,nom qu'il doit à son grand père. Sëriñ Tuubaa lui avait donné ses propres habits, une valise, une bouilloire et beaucoup de feuilles blanches, pour l'amour qu'ils vouaient l'un pour l'autre. Cheikh Issa l'envoya un jour chez Sëriñ Touba, à cause de la foulée des talibés,il ne pouvait pas avoir accès au Cheikh,ce qui lui poussa à entrer dans l'une des compartiments. Serigne Touba ordonna qu'on lui fraie un chemin là où Sëriñ Ngagne s'était assis. Un jour, Cheikh Darou envoya deux de de ses disciples, Serigne Mor khaya et Serigne Mor Seye et leur donna un sac de sucre à remettre à Serigne Touba. Serigne Touba leur dit : " dites-lui de me chercher du sucre car "amna louma kodon fagul Si boromam " Il avait donné cheval gracieux à Serigne Touba et Serigne Touba lui dit : " au jour de la résurrection, tu descendras de ce cheval et entreras au paradis." Lorsque Cheikh Issa leur (Cheikh Darou Ngagne, Serigne Mor Touré, Serigne Ibraayma Mbengue et Serigne Maseck Seye) gratifia, il les avait emmenés chez Serigne Touba pour qu'il prie pour eux. Serigne Touba prépara de ses propres mains un "Laakh" et le donna à Serigne Ngagne et lui dit : " tiens et servez-vous" Il n'en reste pas là parce qu'il y a d'autres faits et événements qui les lient à Serigne Touba. Chapitre 7 : Sa relation avec les Cheikhs : Serigne Ngagne a baptisé beaucoup de ses fils aux Cheikhs de même que ces derniers le lui avait fait en retour. Parmi ceux-ci qu'ils avaient entretenus cette relation réciproque,on peut citer Serigne Ibraayma Mbengue et Serigne Mor Touré et Serigne Aly Seye. A Serigne Aliou Mbacké de Gossas, Serigne Moussa Ka kaal, Serigne Moussa Ka medina, Serigne Bara Diene, Serigne Ngagne, Serigne Mor Diene ,Darou Pam, il avait baptisé quelques-uns de ses fils. Il entretenait de bonnes relations avec les Cheikhs de Cheikh Issa tels que : Serigne Daouda Diagne, Serigne Ahmadou Dame Sourang, Serigne Mor Maty Wade et tant d'autres. Ils s'aimaient,se respectaient et s'honnoraient. Sa relation avec les grands Cheikh. Sa relation avec Mame Cheikh Ibra Fall: Il avait fait 15 jours chez lui. Un jour Cheikh Ibra envoya un disciple pour qu'il lui achète des poules.Il partit et revint en vain. Serigne Ngagne demanda la permission d'aller chercher.Cheikh Ibra lui dit Bismillah. Après une courte durée, il revint, apportant de l'argent et des poules. Durant les nuits de son séjour chez Cheikh Ibra, il sermonait les talibés sur place. Même Cheikh Ibra se présentait dans les assemblées. Quand il s'apprêtait à rentrer, Cheikh Ibra lui dit : "avec un séjour plus long que le tien, personne n'a pu avoir ce que tu as obtenu avec tes 15 jours " Il lui dit : « Ngagne, Ngagne, Ngagne tu peux diriger une confrérie et lui formula des prières. » Il entretenait une relation salutaire avec Mame Mor Diarra ainsi que Mame Thierno Birahim.Ce dernier lui prouvait un respect profond et allait souvent lui rendre visite pour la face de Cheikh Issa. Il en est de même pour Serigne Diery Wadane Sougou qui lui donnait beaucoup de teranga grâce à leurs familles qui étaient des parents. De même pour Serigne Massamba Diop Sam à il rendait souvent visite, Serigne Mor Ndiaye Tàggar et Serigne Bara Diene. Serigne Assane Salam, à son mausolée à Ndande Fall,avait dit : " Ce Saint engorge des dons intarissables" Sa relation avec Cheikh Issa : Il lui vouait un grand amour.Il n'a jamais cessé d'être à son service. Il lui donnait toute sa récolte après avoir sorti le zakat. Il avait été désigné comme chef de santier pour la construction de la grande mosquée de Diourbel par Cheikh Issa. Il se chargeait de tous le matériel et tous les outils pour le bon déroulement de la construction. Cheikh Issa lui disait souvent : " je te félicite jusqu'à ce que je partage avec toi,te donne et t'offre tout ce dont je dispose " Serigne Ngagne avait donné sa fille à Cheikh Issa qui en avait eu une famille. De leur enfance jusqu'à leur vieillesse, il ne se sont jamais séparés. Ses Cheikhs : Parmi ses Cheikhs on peut citer : Serigne Modou Diagne Dior Mbaye pour qui l'on dit (il avait déjà fondé une famille. Lorsqu'il fut gratifié, il fonda un village appelé Ndiagne à Darou Marnane.) Il y a aussi Serigne Djibril Mbengue et Baye Seye qui étaient de fervents talibés et qui aimaient leur marabout d'un amour inconditionnel. Chapitre 8 : Ses derniers jours et Ses Khalifes: Il rassemblait sa famille, leur parlait et leur disait souvent : " suivez votre frère Serigne Sidi Moukhtar, considérez-le comme votre aîné voire votre père. Soyez déterminés envers Cheikh Issa." Il avait dit à son fils aîné, Cheikh Sidi :" tu me succéderas quand tu auras 30 et tu me rejoindras 30 ans après. Ce fut à Darou Marnane qu'il tomba malade et c'est ainsi qu'il demanda à Cheikh Issa qu'il voulait aller à Cayor. image C'est là qu'il tira sa référence le 24 novembre 1942. (Que son âme repose en paix). Il fut inhumé à Ndande Fall en la présence de Cheikh Issa Diene et beaucoup de fidèles disciples. C'est ainsi que Cheikh Sidi Tandine lui succéda de 1942 à 1971. image Il fut un brave homme et un grand travailleur. Il n'a ménagé aucun effort pour préserver l'héritage de son père. A sa disparition, il fut succédé par Serigne Ibrahima Mbengue Tandiné. image Il fut un homme exceptionnel, courageux et travailleur. Il mourut en 1999 et fut succédé par Serigne Aly Tandiné. image Ce dernier fut aussi un travailleur. Il a apporté beaucoup de changements à Ndande tels son élargissement et son enrichissement. Il n'a pas trop duré au Kalifa jusqu'à son rappel en Dieu en 2003. C'est ainsi que Serigne Madiop Tandine prend le relais. image Il suit le chemin de ses prédécesseurs. Il était un homme vertueux, saint et généreux. Il a fait d'importantes réalisations. Il a rendu l'âme en 2021. Ainsi son frère accéda au Kalifa. Nous lui souhaitons une longévité pour qu'il puisse réaliser tous ses vœux. Amen. Traduit par Serigne Sidy NDACK et Moustapha KHOUMA[1]
Firil ma ko ci Araab.
- ↑ Njuumteg royuwaay: La balise ouvrante
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